Égypte : 6 lieux à voir au moins une fois

L’Égypte ne se résume ni à une carte postale ni à une seule époque. De Gizeh au Sinaï, ces six lieux permettent de lire en continu plus de trois millénaires d’histoire, entre puissances pharaoniques, villes islamiques et paysages naturels protégés. Chacun résume une facette du pays : lignes de pyramides, trames urbaines, temples sauvetés des eaux ou récifs coralliens. C’est une base solide pour imaginer un premier voyage ou approfondir un retour, en reliant chaque étape à ce qu’elle raconte du Nil, du désert et des hommes qui les habitent.

Gizeh & Saqqarah, là où naissent les pyramides

À Gizeh, la ligne d’horizon suffit à donner l’échelle : Khéops, Khéphren et Mykérinos dressent leurs profils au-dessus du plateau, avec le Sphinx en sentinelle. À quelques kilomètres, Saqqarah raconte l’origine du mythe : la pyramide à degrés de Djoser marque l’invention d’une architecture qui va se perfectionner sur tout le désert memphite. Visiter l’un et l’autre, c’est passer en une matinée de l’esquisse au chef-d’œuvre, et comprendre d’un coup la logique de l’Ancien Empire. (Tout l’ensemble appartient au bien UNESCO « Memphis et sa nécropole, de Gizeh à Dahchour ».)

Assouan & Philae

Assouan adoucit tout : granite rose, îles, palmeraies, fellouques qui glissent au fil du Nil. Au crépuscule, Philae concentre cette grâce ; son temple d’Isis, sauvé des eaux et déplacé sur l’île d’Agilkia, gagne en poésie quand la lumière tombe sur les colonnes. Une courte navigation suffit pour passer de la ville aux ruines ; l’impression qui reste est celle d’une Égypte intime, à hauteur d’homme. (Philae fait partie du bien UNESCO « Monuments de Nubie d’Abou Simbel à Philae » ; fiche monument officielle ci-dessous.)

Le Caire historique, une ville de pierres, de cours et d’ombres

Au sud de la place al-Azhar, la rue al-Mu‘izz déroule minarets, portails et façades mameloukes comme une leçon d’urbanisme à ciel ouvert. Autour, médersas, caravansérails, khans et la citadelle composent une ville faite pour la marche lente : on passe d’une cour fraîche à une ruelle dorée par la poussière, puis à la rumeur de Khan el-Khalili. Le charme naît des détails — une inscription, une muqarnas, un atelier — et d’un rythme qui superpose des siècles sans jamais rompre le fil. (Le secteur est inscrit à l’UNESCO sous le nom « Le Caire historique ».) 

Karnak, Louxor et la nécropole thébaine

Sur la rive est, Karnak impressionne par sa salle hypostyle, forêt de colonnes qui absorbe le regard, tandis que le temple de Louxor relie l’architecture monumentale à la ville vivante. En face, la rive ouest change de tempo : Vallée des Rois, tombeaux de nobles, Deir el-Bahari… la peinture devient guide et la pierre se fait récit. L’idéal est d’alterner matinées d’ombre dans les tombeaux et fins d’après-midi dorées sur les pylônes ; en deux jours, l’ancienne Thèbes se lit avec une clarté rare. (Le tout appartient au bien UNESCO « Thèbes ancienne et sa nécropole ».)

Abou Simbel : face à Ramsès II

La route qui longe le lac Nasser prépare bien le choc : deux façades taillées dans la masse, quatre colosses, et derrière, un sanctuaire dont l’axe solaire touche la cella deux jours par an. On vient ici pour l’icône, on reste pour l’histoire moderne : le démontage et le remontage du site, bloc par bloc, lors de la grande campagne internationale lancée par l’UNESCO au moment du haut barrage. C’est une double émotion, archéologique et technique, qui résume l’ambition des Égyptiens et l’élan du monde pour sauver la Nubie. (Abou Simbel appartient au même bien UNESCO « Monuments de Nubie… » ; voir aussi la campagne de sauvetage.)

Récifs du Sinaï et eau transparente

À l’extrême sud du Sinaï, Ras Mohammed protège tombants, jardins de corail et mangroves qui s’ouvrent sur deux golfes. L’intérêt n’est pas seulement sous l’eau : la rencontre du désert et de la mer, la lumière très nette, et la facilité d’accès depuis Sharm el-Sheikh en font un classique qui ne déçoit pas. Plongée, snorkeling, criques : tout est là si l’on accepte de se lever tôt pour devancer les bateaux. (Premier parc national d’Égypte, fondé dans les années 1980 ; le site figure également sur la liste indicative de l’UNESCO.)

Sources :

UNESCO (Memphis et sa nécropole : de Gizeh à Dahchour ; Le Caire historique ; Thèbes ancienne et sa nécropole ; Monuments de Nubie d’Abou Simbel à Philae).

Philae (Ministry of Tourism & Antiquities / Discover Egypt’s Monuments)

Ras Mohammed (présentation officielle – Egypt State Information Service)